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Prospective

mercredi 19 octobre 2016, par Bernard Feltz, Louis Possoz

Cette courte introduction vise à mettre en perspective le cheminement de recherche du GRICE, en ce début d’année académique 2016-2017, un peu à la manière des strates imaginées par Charlotte Luyckx, en veillant à y situer au mieux les séances passées.

Elle se termine par une question suffisamment ouverte pour que toutes les disciplines puissent y trouver matière à développer leur contribution à la réflexion générale.

Groupe de Réflexion Interdisciplinaire sur la Crise Ecologique (GRICE)

La crise écologique multiforme dont nous prenons conscience tous les jours un peu mieux est d’une ampleur et d’une urgence sans précédent (Lambin, Rousseau, Meyfroidt, de Schutter, Zaccai).

Simultanément, les sociétés affrontent de multiples crises sociales, locales ou globales (Cassiers, Bourg, Sorondo, Hunyadi, Andrade). Ni l’aspect social de la crise ni l’aspect environnemental ne devraient cependant prendre le pas sur l’autre. Il n’en reste pas moins que des scénarios qui prendraient en compte ces deux grandes préoccupations sont particulièrement complexes. En effet ce qui peut être utile pour combler les écarts sociaux peut le plus facilement se faire au détriment des tentatives de diminuer les impacts environnementaux.

D’autre part, la (les) crise écologique met en évidence les contradictions existentielles, philosophiques et spirituelles que la vie matérielle contemporaine impose à l’être humain ainsi que la responsabilité nouvelle qui lui incombe (Feltz, Luyckx, Bourg, Sorondo, Larrère, Hösle, Cornu). 

La vie matérielle de l’humanité s’appuie inévitablement sur la consommation d’énergie. Or, le potentiel des réponses techniques à la crise écologique que constitueraient par exemple les énergies nouvelles ou une meilleure efficacité énergétique, sans parler de géo-ingénierie, sont nettement insuffisants pour maintenir à son niveau actuel l’approvisionnement des sociétés en énergie tout en maintenant une température globale acceptable (Jeanmart, Possoz, Vermeulen).

D’autre part, la croissance de l’économie ne peut être maintenue sans croissance de la consommation d’énergie (Giraud, Possoz, Vermeulen) même si ce constat ne fait pas l’unanimité (Brechet).

Y aurait-il un (des ?) scénario d’organisation d’une société, cadre institutionnel autant qu’organisation de la production matérielle, qui permettrait de maintenir le bien-être et la justice sociale tout en respectant la bio-capacité de notre planète et donc sans dépendre de la croissance économique ?