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Écologie et théologie de la libération

mardi 16 février 2016, par Luis MARTINEZ ANDRADE

 Luis MARTINEZ ANDRADE

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Mexicain (1981, Puebla), docteur en sociologie de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales.
En 2009, il a reçu le premier prix du concours international de l’essai « Penser à Contre-courant » délivré par l’Institut Cubain du Livre, le Ministère de la Culture de Cuba et l’Édition des Sciences Sociales.
Il est l’auteur de « Religion sans rédemption - Contradictions sociales et rêves éveillés dans l’Amérique latine » (Van Dieren 2015, paru en espagnol, polonais et anglais) ; « Las dudas de Dios : Teología de la liberación, ecología y movimientos sociales » (Otramérica, 2015) et « Écologie et libération - Critique de la modernité dans la théologie de la libération » (Van Dieren à paraitre en 2016).
Il est actuellement chercheur post-doctoral au CriDIS/UCL.

 Écologie et théologie de la libération

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Écologie et théologie de la libération

Nous pouvons identifier deux perspectives de rénovation au sein de la théologie de la libération. Bien que distinctes, ces deux perspectives ne sont pas à vrai dire contradictoires, car aucune n’omet l’importance centrale du pauvre — dans le sens socio-économique — mais toutes deux intègrent de nouveaux horizons. L’une étend le concept du pauvre, incluant les dimensions raciales et de genre, et relie les thèmes marxistes ’classiques’ aux nouvelles avancées de l’écologie : en ce sens, la figure de Leonardo Boff propose l’expression la plus explicite de cette articulation. L’autre perspective est celle que proposent les théologiens qui orientent leur analyse dans le champ de l’économie, où tant Franz Hinkelammert que Jung Mo Sung mettent en évidence une ’affinité élective’ entre le marxisme et le christianisme, dans l’analogie du combat biblique contre les idoles.

Il est vrai que différents travaux des théologiens et théologiennes de la libération ont retenu l’attention du monde académique dans les décennies 1970 et 1980, mais les perspectives ouvertes (telles que la théologie queer de Marcella Althaus-Reid, la théologie de la houe de Joseph Comblin, la théologie de la Terre proposée par Marcelo Barros et Ivo Poletto ou la théologie écologique prônée par Leonardo Boff) sont encore méconnues, du moins au sein du monde francophone. C’est pour cette raison qu’en abordant le versant écologique de la théologie élaborée par Leonardo Boff, nous tenterons de mettre en lumière les « affinités électives » entre le discours écologiste et la théologie de la libération latino-américaine.

 Bref retour

Petit retour sur le débat de la séance :

 Origines de la modernité

Ambiguïtés du concept de modernité

  • Encylopédie Universalis : La modernité n’est ni un concept sociologique, ni un concept politique, ni proprement un concept historique. C’est un mode de civilisation caractéristique, qui s’oppose au mode de la tradition, c’est-à-dire à toutes les autres cultures antérieures ou traditionnelles : face à la diversité géographique et symbolique de celles-ci, la modernité s’impose comme une, homogène, irradiant mondialement à partir de l’Occident. Pourtant elle demeure une notion confuse, qui connote globalement toute une évolution historique et un changement de mentalité.
  • Historiens, deux dates :
    • 1453 Chute de l’empire romain d’Orient (prise de Constantinople par les turcs).
    • 1492 Découverte de l’Amérique par C. Colomb.
  • Philosophie, deux dates :
    • 1543 Copernic : « De revolutionibus orbium coelestium »
    • 1637 Descartes « Discours de la méthode »
    • Importance de la raison et de la subjectivité. Autonomie du savoir par rapport à la religion et aux mythes, autonomie de l’individu par rapport aux structures sociales traditionnelles (i.e. projet d’émancipation sociale).
  • Sociologie : projet d’émancipation par rapport aux traditions, doctrines ou idéologies données et non théorisées par une culture traditionnelle.

 Critiques