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2015 - Rétrospective et perspectives

mardi 6 octobre 2015, par Bernard Feltz, Charlotte Luyckx


Cette première séance est animée par Bernard Feltz et Charlotte Luyckx. Ils y développent un topo critique des réflexions menées l’an dernier et ils ouvrent des réflexions prospectives pour l’année qui vient.

Bernard Feltz développera une analyse des enjeux de la crise écologique autour du concept de modernité critique .

La discussion qui suivra sera l’occasion pour ceux qui le souhaitent de souligner les éléments marquants du travail déjà effectué et de suggérer des pistes de réflexion et orientations futures.

  Modernité critique

Crise écologique et modernité critique

  Culture moderne (point de vue philosophique)

  • Confiance en la raison dans rapport au vrai, au bien, à la légitimation du politique
  • Science toute puissante
  • Idéologie du progrès : Condorcet
  • Nature : système d’objets à maîtriser

 Crise de la modernité au 20ème siècle

  • Guerres, décolonisation, crise écologique
  • Maitres du soupçon (Marx, Freud, Nietzsche)
  • Crise du fondement en philosophie
  • Crise écologique

 Réponses à la crise de la modernité

  1. Déni de la crise
    • Fidélité au projet des Lumières inchangé
  2. Post-modernité et relativisme
    • (J.Fr. Lyotard, B. Latour)
    • Abandon de la visée de l’universel
    • La science comme processus technique
    • Mise en valeur du différent
  3. Replis communautaires et intégrismes
    • Intégrismes religieux multiples : chrétiens, juifs, musulmans...
  4. Habermas/Ladrière : modernité critique
    • Confiance en la raison en intégrant les limites de la raison
    • Ladrière : connaissance critique
    • Habermas : quatre types de rationalité
      • Épistémique : visée des divers savoirs » Visée d’un universel
      • Téléologique : visée de l’éthique » Société juste et vie bonne
      • Herméneutique : visée des significations » Irréductible pluralisme
      • Communicationnelle : visée d’une rhétorique » Rationalité comme processus
    • Habermas : la technique et la science comme idéologie
      • Depuis années 1950, alliance de fait entre technique, science et capitalisme qui fait que le capitalisme n’a pas besoin d’idéologie
      • Efficacité du capitalisme tient en grande partie à son alliance avec science
    • Modernité et nature
      • Système d’objets
      • Écologie scientifique
      • Écologies radicales : romantique / scientifique
      • Dimensions symboliques et esthétiques

  Bilan et perspectives

  Plan

  1. Objectifs pour le GRICE 2015-2016
  2. Cadre épistémologique
  3. Socle commun
  4. Contribution personnelle

  Objectifs 2015-2016

  • Site internet participatif : http://grice.quelfutur.org/
  • Deux fils rouges :
    • a. Économie-énergie : quelles alternatives économiques au modèle de la croissance ? (Gaël Giraud ?, Agnès Sinaï ?)
    • b. Écologie et spiritualité (Cornu, MDD)
  • Publication : collection “sciences-société” chez Académia L’Harmattan (dir. de coll. : Bernard Fetz)
  • Élaboration d’un socle commun. Publication commune ? Sous quelle forme ?

A propos de Laudato Si , Naomi Klein déclare : « La vision holistique de l’encyclique devrait être le catalyseur qui associe les deux crises jumelles, l’économique et la climatique, au lieu de les traiter séparément. »

  Cadre épistémologique

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Theodor Adorno

« S’en remettre à la chose veut dire alors qu’on ne lui fait aucun apport personnel, et qu’on se comporte comme un appareil enregistreur ; le renoncement à toute imagination, ou le manque de productivité, sont alors pris pour éthos scientifique (...) Vaut comme sincère celui qui pense ce que tous pensent, dépourvu qu’il est de la vanité supposée qui consiste à vouloir percevoir quelque chose de particulier – et se trouve dès lors prêt à bêler avec le troupeau ». Théodor Adorno [1]

  Socle commun

  1. L’Humanité est confrontée à des problèmes environnementaux de grande ampleur. La confrontation avec les limites physiques de la planète est une nouveauté pour l’espèce humaine. Sans réponse adéquate, nous nous orientons vers un effondrement sociétal progressif. [2]
  2. Ce problème ne peut pas trouver pas d’issue strictement technologique. La technologie ne permettra pas de poursuivre indéfiniment la croissance de la consommation matérielle et
    énergétique. Croissance économique et croissance de la consommation d’énergie sont liées. La décroissance énergétique doit être accompagnée d’une décroissance économique et d’une
    diversification des indicateurs de prospérité.
  3. L’opinion courante veut que nous modifiions les pratiques individuelles mais une telle modification est insensée si elle n’est pas accompagnée par un changement institutionnel. En effet, la croissance économique étant structurellement nécessaire à l’organisation actuelle de la société (celle-ci ne peut se maintenir sans croissance), une alternative structurelle doit nécessairement être trouvée.
  4. La réduction de la consommation d’énergie et son impact sur la croissance économique va provoquer une modification profonde de nos modes de vie. Elle engage un changement culturel profond qui concerne non seulement l’organisation matérielle mais encore
    les représentations modernes de l’humain, de la nature, de la liberté, du développement. Elle touche également des questions liées au sens de la vie humaine sur le plan individuel et collectif, au domaine de ce qu’on appelle en philosophie « la vie bonne ». Une prise de distance d’avec le paradigme moderne s’impose, qui ne nie néanmoins pas les acquis de l’ère moderne.
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    Pyramide interdisciplinaire

[1Adorno T, « Sur la logique des sciences sociale » in De Vienne à Francfort. Les querelles allemandes des sciences sociales, édition Complexe, Bruxelles,1979 (1969), pp. 91-105.

[2A safe operating space for humanity , J. Rockström et al. ; Nature 461, 472-475 ; 2009.